Jeudi 15 octobre 2009
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Quand elle a arrêté ses études, Camille s'attendait à une vie facile faite de plaisirs simples et d'un mari riche. Pas tellement du luxe mais du
confort.
Camille n'a jamais eu de rêves - mais beaucoup d'ambition. Un besoin démesuré de se représenter dans des apparats subversifs, avoir le regard méprisant et la répartie habile, n'être que l'ombre de sa modestie: exceller dans l'amertume.
Jean travaille assez dur pour payer à sa famille le superflu et même l'imprévisible, il a trouvé la maison et ses voitures, la cuisine équipée, les abonnements
sportifs et même les écoles privées. Tout est sous contrôle et Camille se laisse porter, oisive, les yeux rivés sur un effort qu'elle n'aura jamais à
fournir pour subvenir à ses besoins. Tout est parfait.
Elle manie sa langue les yeux fermés, suce son mécène avec reconnaissance et imagine déjà les lendemains fastueux qui n'ont rien à devoir à personne, les achats
sans angoisse, les réussites sans limite. Camille a tout, Camille veut tout.
Et un jour, Camille trouve sur la table une petite annonce entourée de rouge. A côté, un joli papier feutré au design élégant. Une écriture sobre et ferme. Un mot d'amour qui lui dit,
"il est temps pour toi de te debrouiller seule ma chérie".
Et le goût d'un sanglot dans la bouche. Et l'espace d'une minute infinie, la brûlure du mépris qui s'étrangle dans le coeur.
La belle vie a un prix, Camille. Celui de ton honneur.