Les cachotteries...
Parce que nous ne sommes pas tous monochromes. Prévisibles et
risibles.
Parce qu'il ne vaut mieux pas savoir, parfois, ce qui se cache derrière. Cette part de refus qui éclaire nos
acquiescements, qui les conditionne.
Il paraît que les tueurs sont des menteurs. Les meilleurs.
Moi je mens - tout le temps. A mon mari, à mes enfants, je mens. A
moi-même. A mes parents, je mens.
Personne n'a envie de savoir certains vérités lourdes et vicieuses, il y a des secrets bien gardés qui font le bonheur des âmes pieuses
- qui veulent le rester.
Et pourquoi s'en priver?
Nous avons tous des pensées affreuses qu'il nous faut cacher, des pensées trop émues pour être reconnues, des amours discrets, des haïnes profondes, des regrets
ulcérés - des remords, des torts.
On ne va pas les crier haut et fort! On les étouffe. Ils nous bouffent - lentement. Et on
ment.
Pour notre bien. Le leur. Pour s'éviter des heures sombres à justifier, regretter, excuser, banaliser - nos horreurs, nos bonheurs, notre part
d'ombre.
Et quoi de plus? Se mettre à poil et exhiber nos travers, se dépecer le coeur, s'éventrer et se vider - pour le bonheur d'argumenter?
Il n'y a rien à dire. On traîne nos erreurs, on traîne nos rancoeurs ,
nos pires hontes et nos béguins - pas toujours anodins. On vit malgré soi dans un seul corps que l'on supporte. On l'emmène avec nous, malgré nous. Et on y enferme tout ce que l'on peut, comme un jeu - et on est deux.
Des amoureux haïneux.
Ps: rediffusion