Les cachotteries...

Lundi 5 janvier 2009
Oh oui, je lèche.
A pleine salive. La langue bien pendue.

- Je lèche les vitrines.

C'est un art, de les regarder sans frustration. Juste observer l'esthétisme de certaines. S'en repaître sans ressentir le besoin d'acheter. Critiquer avec facilité les choix, les produits, s'extasier devant le bon goût des autres. S'imaginer revenir à la maison avec des poches remplies, se demander ce que l'on ferait de tout cela - mais à quoi bon se poser la question?

A-t-on vraiment besoin de tout ce que l'on achète? Le plaisir de vouloir n'est-il pas plus intense? Désirer, mériter... Et se lasser, oublier. A quoi bon acheter?!

Alors je lèche, goulûment, je presse mes lèvres gonflées sur ces vitrines et j'ouvre grand les yeux. Comme dans un bocal. Et je suis comme les poissons, j'ai une mémoire tampon d'une minute. Le temps de tourner la tête, et j'ai déjà oublié. Alors je repars légère, et pas insatisfaite d'avoir les mains vides.

- C'est si simple, décidément, parfois.


Le prêt-à-porter, c'est joli, c'est fleuri, mais ça rime à quoi? Ca n'évoque pas grand chose. Alors que les magasins de décoration, là... Aaaah! Tout un monde se construit, toute une harmonie, des univers se côtoient, il y a de la subtilité, du vieux, du moderne, des petites doses d'une vie à part - que l'on ramènerait bien dans sa maison. Discrètement.


Et vous?
Vous léchez?

- les vitrines.
Par Dginaaa - Publié dans : les billets découverte - Communauté : Ô féminin
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Extrait

"Etre photographe de guerre, c'est une autre vie. C'est prendre la vie en flagrant délit. Vivre en effraction pour voler des instants de vie, être au coeur des contradictions et des ambiguïtés. Distiller la quintessence de l'instant, saisir l'acuité des vérités fugaces d'un être, l'expression d'un visage, la profondeur, l'indigence, la détresse d'un regard. Il ne faut pas flatter la réalité, déboussoler le grotesque, aiguiser le drame, juste les pénétrer, pénétrer les vies, les morts, les sauver tels quels, les interpeller. Il faut sauver l'instant. Vivre dans la ligne de mire du hasard."
Chahdortt Djavann, Autoportrait de l'autre.

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