Les cachotteries...
Je me pose des tas de questions.
Des méga-tonnes d'interrogations, une foultitude d'angoisses existentielles, un monde de doutes poignants.
Il ne faudrait jamais que je monte dans une voiture parce que vous n'imaginez pas à quel point c'est dangereux pour mon psychisme. Je regarde la route
défiler, je lance un cd et mes yeux se fixent sur l'horizon - là c'est bon, vous êtes sûrs de me perdre, je suis évanouie
dans le décor avec des milliards de pensées à la minute.
L'autre jour, je suis tombée sur une chanson d'outre-tombe, "Il me dit que je suis belle" de Patricia Kaas. Je suis partie en vrille pendant
2mn30.
Je précise: le premier qui se marre, je lui descends les organes avec les doigts.
J'ai visionné des scènes d'avant,
imaginé des bonheurs à venir et j'avais beau essayer de me sortir de cette mélasse sentimentale, rien à faire, j'avais la nostalgie embourbée jusqu'au
gosier. Limite si je n'avais pas le nez sensible et les yeux mouillés - je vous dis qu'on devrait m'interdire les longs trajets, ce n'est pas bon pour mon imagination.
Je réfléchis trop donc je remets des tas de choses en question et finalement, c'est la merde.
La voiture roule et agit comme une berceuse, je suis totalement ailleurs, je
me laisse porter. Bon, il ne faut pas que je croise un feu rouge ou un stop, dès que le rythme est coupé je reprends pied
avec la réalité - de mauvaise humeur, forcément. Mais comme je vis dans le trou de balle de la région, je peux
rouler longtemps les neurones asphyxiées de fantasmes..
Et c'est comme ça qu'on râte sa sortie, qu'on dépasse
largement la vitesse autorisée, qu'on oublie l'heure qu'il est - et qu'on insulte vaillamment le premier pecquenot qui freine comme un con devant nous et nous tire douloureusement de
nos rêves.
Le pire, c'est qu'en vélo, même combat.
Même à pieds.
Une ceinture de chasteté intellectuelle peut-être?

Je l'ai enveloppé joliment dans du papier de soie et je l'ai
déposé avec douceur dans une boîte pleine de couleurs.
Je l'ai regardé longtemps se débattre, l'air attendri et je lui ai dit des paroles douces,
j'ai fredonné des chansons d'ailleurs,
j'ai caressé le couvercle et je l'ai posé avec précaution.
Je lui ai dit adieu comme on dit "à demain". J'ai pleuré un peu.
Il est tout seul dans le noir et j'ai peur pour lui
- mon coeur en miettes.
Nécrosé d'inutile.


Il y a de l'exhibition dans l'air les gens.
Du sable fin et de la fille en robe légère.
Ou juste, de quoi se rincer l'oeil sur le comment de mes mises en scène photographiques - mais ça rend moins bien, dit comme ça.
Voilà donc une des vidéos sur les coulisses d'une série d'autoportraits, rien d'exceptionnel si ce n'est l'envers du décor, quelques moments partagés
(arrachés au camescope de mon homme).
Ne cherchez rien d'artistique, j'ai fait le montage à l'arrache avec les moyens du bord - le premier qui jette des tomates respire aussi mes
baskets dégueulasses (cf article précédent).


Juré, bientôt je reprends le sport
(et j'arrête de fumer)